31 Jan, 2010

Posted par dans Le diamant | 3 commentaires

Les Traitements du Diamant

Les Traitements du Diamant

Le diamant a une valeur inestimable et il faut creuser des tonnes de minerai pour en trouver un. Malheureusement, cette gemme précieuse comporte souvent des impuretés ne la rendant pas attrayante et également inutilisable pour la joaillerie. Les gemmologues ont développé des méthodes visant à améliorer tout ce qui est source d’inclusions chez la pierre.

Le diamant est souvent traité pour améliorer sa pureté ou sa couleur.Pour cela, il subit des traitements chimique et/ou thermique et/ou d’irradiation et/ou des hautes pressions et hautes températures.

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Pour améliorer la pureté du diamant :

  1. 1. Le traitement au laser

Certains diamants ont des inclusions très grandes et visibles. Le traitement au laser est utilisé pour anéantir la composition moléculaire de l’inclusion. Le rayon laser perce la pierre précieuse permettant ainsi à l’inclusion d’être plus à la portée des rayons laser qui les détruisent. Une fois la cavité faite, de l’acide fluorhydrique est introduit à l’intérieur d’elle.

Une fois la cavité faite par le laser, de l’acide fluorhydrique est incorporé dans les inclusions pour les dissoudre.

Le « flash » bleu observé lorsqu’on regarde parallèlement, muni d’une loupe X10, la table du diamant.

2. Le traitement à l’acide (bain d’acide)

Le bain d’acide est une vieille méthode utilisée pour purifier le diamant. La gemme est immergée dans de l’acide chaud, comme l’acide sulfurique et également du sel de salpêtre. Les diamants sont « bouillis » pendant des heures et les inclusions à la surface du diamant sont enlevées ; tandis que les défauts se trouvant dans la gemme restent présents.

  1. 3. Le remplissage des fractures

Cette procédure s’applique aux diamants présentant des fractures. Elle consiste à remplir les fractures d’une gemme avec une substance chauffée qui réfléchit la lumière comme le diamant ou le verre (afin qu’il n’y ait pas de déviation de l’onde lumineuse ; et ainsi, les inclusions sont dissimulées). En refroidissant, elle comblera la fracture. Les pierres qui ont été remplies par de tels matériaux ne peuvent être chauffées dans le but d’améliorer leur couleur. Au contact de la chaleur, la substance utilisée pour le remplissage de la gemme fond. Quand un diamant ayant subi un remplissage est soumis à des chocs, il se casse. L’acide peut aussi réagir avec la substance utilisée pour cette technique.

«Le « flash » n’est que visible s’il est regardé parallèlement à l’inclusion avec une loupe X10. Il faut aussi veiller à ce que des bulles d’air soient absentes de la substance utilisée pour remplir ces cavités.

Un diamant traité par le remplissage de ces fractures démontre un « flash » bleu mauve. le « flash » n’est que visible s’il est regardé parallèlement à l’inclusion avec une loupe X10. Il faut aussi veiller à ce que des bulles d’air soient absentes de la substance utilisée pour remplir ces cavités.

Le « flash » bleu observé lorsqu’on regarde perpendiculairement, muni d’une loupe X10, la table du diamant.

Le « flash » bleu observé lorsqu’on regarde perpendiculairement, muni d’une loupe X10, la table du diamant.

4. L’imprégnation

Cette technique consiste à introduire une substance de la même couleur que le diamant. Ces matières deviennent dures et ainsi, permettent au diamant de résister aux chocs.

Dans les rapports des laboratoires tels le GIA, l’EGL, le HRD, l’AGS et l’IGI, il est clairement mentionné dans les « commentaires », si la pureté du diamant a été améliorée. Ces diamants sont connus comme « clarity enhanced diamonds » (« diamants dont la pureté a été modifiée » en français).

Pour améliorer la couleur du diamant :

  1. 1. Les « coatings »

Quand la couleur du diamant n’a pas d’aspect agréable, il est recouvert d’une couche de couleur servant à masquer l’inclusion générée par une mauvaise coloration de la gemme. Cette couche ajoutée sur le diamant peut être une feuille métallique (fer, aluminium, silicium, argent, etc.) ou tout simplement du vernis à ongles.

  1. 2. L’irradiation

Certaines inclusions dues à la couleur ne peuvent être observées par la loupe X10. Des rayons ultraviolets, UV sont utilisés pour voir ces inclusions de près. Une fois ces défauts décelés, le diamant est traité en le bombardant par des rayons ionisants, comme les neutrons et les électrons (irradiation). Ces rayons sont dans un réacteur nucléaire et possèdent de fortes énergies. Ils interrompent les liaisons covalentes de carbone présentes dans le diamant. Un carbone est alors propulsé et va se fixer autre part dans le diamant, causant un vide à la place d’origine du carbone. Ce changement de place du carbone modifie la couleur de la gemme : par exemple, si au départ la gemme est incolore, elle devient bleue. Un diamant incolore peut aussi devenir noir, vert, jaune, brun, rose ou rouge, dépendant de la quantité de rayons ionisants qui percute la pierre précieuse. L’irradiation est souvent accompagnée d’un chauffage contrôlé de la gemme. Ce moyen de traitement du diamant est irréversible.

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3. Le chauffage

Les gemmes irradiées sont souvent chauffées entre 200 et 800 degrés en l’absence d’oxygène.  Le chauffage est nécessaire pour donner au diamant une structure où les lacunes de carbone sont remplacées par des molécules d’azote.

  1. 4. Le traitement HPHT (« High Pressure High Température » en anglais)

Les diamants de couleur ont souvent des défauts expliqués par des erreurs présentes dans leur structure cristallographique. Pour traiter ces inclusions dues à ces couleurs, ils sont soumis à de fortes températures (dépassant les 1500 °C) et à de fortes pressions (de plus de 50.00 atm), dans un conteneur fait pour supporter ces conditions. Le diamant connait un changement de couleur impressionnant.

Les diamants sont classés en deux catégories : les diamants de « Type I » et ceux de « Type II ». Les diamants de « Type I » contiennent du nitrogène et ils sont les diamants les plus abondants dans la nature. Après le traitement HPHT, ces gemmes passent de l’incolore au jaune, allant même jusqu’au marron. Les diamants de « Type II » sont les plus rares. Ils sont constitués de peu de nitrogène. Ce sont les diamants marron, bleus et gris (si le diamant possède du bore comme inclusion, il prend ces deux dernières couleurs), qui sont présents dans les gisements. Les diamants de « Type II » deviennent incolores ou presque incolores après le traitement via HPHT.

Diamant jaune traité.

Diamant jaune traité.

Dans le monde de la gemmologie, on ne connait point le mot « gaspillage », car chaque pierre a de la valeur. Les traitements du diamant ont pour but de masquer les défauts de certaines gemmes pour les rendre commercialisables. Cependant, les diamants traités ne peuvent être vendus aux mêmes prix que les diamants non traités.

  1. Un article interessant qui montre qu’il faut bien faire attention lorsque l’on achète un diamant. La plupart des gens n’ont pas conscience des malfaçons qu’ils peuvent rencontrer en achetant un diamant. Une des pires chose qui puisse arrivé est une inclusion qui peu fragiliser la structure de la pierre.

  2. A t’on une idée du % pierres traitées / non traitées?
    Sans parler des pierres synthétiques…

  3. Ce chiffre est difficilement quantifiable dans la mesure ou toutes les pierres fines traitées ne sont pas répertoriées officiellement. Il va de soit qu’une pierre traitée est commercialement moins attrayante surtout lorsque cela est indiqué en clair. Quoi qu’il en soit il serait effectivement intéressant d’avoir une estimation du nombre de pierres traitées.

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